1er janvier 2001

j'aurai bientot 22 ans et je t'ai connu à 16 ans et demi, cela fait 5 ans et demi que je vis dans un premier temps avec plus ou moins toi (tu comprendras pourquoi!) et dans un deuxième temps avec...l'image, le souvenir, le fantôme, l'idéalisation de toi.Toutes ces années de ma jeunesse, de ma fraîcheur, de mon innocence et de ma foi dans la vie, envolées...Mais pourquoi regretter ce que l'on ne peut changer c'est fait et révolu.Il n'y a que ton souvenir qui puisse faire ressurgir en moi une émotion vraie, certes plutôt teintée de tristesse mais si vraie...Tu sais j'ai l'impression qu'une grande partie de moi est restée accrochée à toi et a refusé de grandir, d'évoluer, elle est coincée au fond de mon être, tout au fond.Je ne suis plus moi, je refuse de dire que ce que je suis dans l'état actuel est moi.Mon corps et mon esprit ont continué de vivre et de vieillir mais mon coeur lui, est resté bloqué à une époque et n'évolue plus, bloquant à son tour le bon fonctionnement de tout le reste.Je ne peux continuer ainsi, je sais que petit à petit je m'assagis, mais de façon incontrôlable mon coeur et mon esprit n'ont de cesse de revenir vers toi, vers la blessure qui a mal cicatrisée. Peux-tu concevoir que tu as été à un moment si sensible de nos vie, l'adolescence, là où toute notre vie d'adulte se détermine, que tu as été l'unique raison, but et désir de ma vie? Peux-tu réellement le concevoir? Mais le veux-tu seulement? Tel que je te connais tu évites avec soin toute pensée qui pourrait venir déranger ton pseudo équilibre.

Pendant des années j'ai parlé de toi à des dizaines de personnes, j'ai pleuré et monopolisé tout mon esprit et mon coeur, je me suis rendue malade, je cherchais à comprendre, à te comprendre, je te voulais, S., je t'aimais.

Par la suite, étant descendue très très bas, l'instinct de survie prenant le dessus, il m'a fallut reprendre une vie normale, en sachant que déjà une partie de moi était morte mais à la différence d'avant en le reconnaissant pour ne pas mourir moi-même.Au début je pensais encore à toi, tu pourrras demander à G., (je ne l'ai pas ménagé) et puis, petit à petit la désillusion s'est installée, la raison relayant le coeur.J'en suis à peu près là aujourd'hui, sauf qu'ayant rencontré une nouvelle personne, S2, les faits m'obligent à revenir vers toi.Toute relation sérieuse m'est impossible. Je crois que je me le suis interdit.Mais S2 sans le vouloir me fait retourner dans le passé par l'écriture laquelle il m'a resensibilisée. A partir du moment où je n'ai fait que survivre, je n'ai plus pu écrire, un énorme blocage, qui n'est certainement pas le seul, puisque tout travail intellectuel concernant mes études est desormais pour moi quelque chose de terrible.

Oui, je me posais la question mais qu'est-ce qui me fait reprendre le stylo?Je crois que c'est un ensemble de facteurs.Il est vrai que le sujet qui peut me faire verser le plus d'encore est S.et l'amour en général.Il est aussi vrai que malgré tout S2.y est pour quelque chose.Quand je l'ai rencontré, j'ai ressenti beaucoup d'émotions, comment dire, c'est comme si je retrouvais quelque chose de la part de moi-même qui est restée coincée.

Oui, lui avec sa jeunesse et sa poesie, lui croyait en ce que j'avais tellement cru mais n'osais plus, ne pouvais plus...Je redécouvrais grâce à lui et avec lui un peu de magie et beaucoup d'espoirs.

Les deux ou trois nuits où nous avons discuté furent pour moi des moments de bonheur intenses qui m'en laissaient imaginer de futurs tout aussi merveilleux et bien mieux! Oui je me reprenais à rêver. Mais après tout est allé trop vite, le rêve s'est brisé et la triste raison a repris le dessus quand il a fallut que le corps s'en mêle. Il a tout précipité et, désolée de le répéter, tout gâché.

Oui c'est logique! Il avait réveillé la partie de moi qui se refusait à vivre qui était restée bloquée à une époque et qui n'avait pas évolué et grandi en même temps que les autres (l'esprit et le corps), il avait su toucher mon coeur.Il était de nature à pouvoir comprendre ce que j'étais et ce que je n'osais plus être. J'étais folle de joie de le découvrir, je pensais que notre passion (car oui il se pouvait que ça en soit une) prendrait le temps de s'épanouir et qu'elle irait au rythme de mon coeur qui était loin derrière mon corps et mon esprit. Et c'est bien là le problème, il ne s'est pas contenté de ça, de ce que je pouvais lui donner de plus précieux. Pour m'équilibrer j'avais besoin de donner mon coeur et qu'il gagne mon coeur, sans que les deux autres n'interviennent, il avait pris tellement de retard!

Oui, j'avais espéré que S2. me comprendrait, je m'étais prise à rêver de nouveau, à croire qu'il comprendrait tout de moi et moi de lui, comme il m'avait semblé que cela s'était produit lors de nos discussions nocturnes.

Mais je n'avais pas compté avec ses propres peurs, lui aussi avait peur de me perdre (?)...et pour concrétiser notre relation privilégiée, il a fait intervenir le Raison en parlant de nous à une tierce-personne (ah! Que notre relation perdit de magie...) et ensuite le corps, suite normale me direz-vous? Oui je le conçois mais pas pour moi, pas si vite.A ce niveau-là, le coprs est l'ennemie juré de mon coeur.Mon coeur avait besoin de vivre un peu tout seul, independemment de ma raison et de mon corps pour rattrapper toutes ces années où il était absent.Mais ça, S2 tu ne l'as pas compris, j'y ai cru, je te l'avoue, mais je t'ai prêté trop de choses, j'ai rêvé c'est tout, ce n'est pas un reproche, comme tu me le dis c'est fait mais c'était pour moi l'essentiel, oui l'essence même de tout ce que je pouvais te donner et ce moment-là, il est perdu à jamais, dumoins entre nous je crois...

En ayant peur de me perdre, tu m'as perdue....

A partir de ce moment là, sollicitant ma raison, mon coeur reculait au fond de mon être, je ne le souhaitais pas mais que faire?Plus je raisonnais, plus il reculait...Mon corps, oui, on s'est donnés l'un à l'autre...le fait que je sois ta première a fait vibrer mon coeur qui reculait mais n'a pas pu le faire revenir. Comment ce corps qui vivait et ne pouvait vivre que sans mon coeur, aurait-il pu le ramener?Comment? Non, c'était déjà trop tard. Ce corps je l'ai forcé, c'est le mot, à vivre sans mon coeur, c'était de la survie, il le fallait. Il avait donc appris a vivre sans lui dans la vie et dans l'amour, sans le coeur oui mais pas sans la tendresse que j'ai apprise à donner et à recevoir grâce à G. Alors comment en sollicitant ma raison et mon corps pouvais-tu espérer gagner mon coeur...Ce n'est pas un reproche, je me suis prêtée au jeu, en espérant tout comme toi que l'on pouvait changer quelque chose, mais comme tu t'en ai aperçu mon corps n'était pas dupe, si ma raison voulait tromper mon coeur, mon corps lui n'était pas d'accord, je n'aurai pas le droit à un pseudo-bonheur, je suis entière.C'est pour cela que depuis 2 mois j'ai le droit à une série de malaises des plus atroces qui ne m'étaient plus arrivés depuis que mon coeur s'était endormi.Oui tu l'as reveillé mais il a été sali pas le Corps et la raison et quand je dis sali c'est ce que je ressens S2, mes idées me dégoutent tu sais, je suis triste car maintenant toi aussi tu me dégoutes mais ce n'est pas mon coeur qui parle et j'y tiens!Ca me fait trop mal de te dire ça et en ce moment mon coeur parle à travers mes larmes.J'ai honte de te dire des choses pareilles que j'ai honte d'éprouver mais que faire?Je me doûte que je que je ne devrais pas te faire part de tout ces états d'âmes, c'est de la lacheté de ma part et je dis bien lacheté.Je te livre tout sans tenir compte de tes réactions comme si tu étais neutre, comme si tu étais purement intellectuel, c'est ma raison qui parle à ta raison!

Mais je sais, et ça, ça me fait terriblement plaisir, que toi tu peux comprendre...Tu ne peux pas t'imaginer à quel point de t'écrire tout ça me fait du bien et me permet d'y voir un peu plus clair, d'être honnête avec toi et paradoxalement peut nous rapprocher?En fait oui c'est égoiste de te décrire mes états d'âmes mais toi tu ne te gênes pas non plus en me faisant prendre connaissances de tes écrits et de ton passé.C'est pour ça que je ne culpabilise pas et suis bien au contraire très contente d'avoir pu tout (ou presque) t'expliquer, je ne pense pas que le but soit égoiste car c'est dans un soucis d'honnêteté vis à vis de toi et c'est aussi contrairement à ce que tu pourrais penser (je commence à te connaîtres, tu vas me dire, tu veux en venir où?) dans le but d'un avenir meilleur pour nous, que l'on soit ensemble ou non, car je veux en venir à ce que l'on soit heureux toi comme moi. Dans les conditions actuelles je souffre autant que je te fais souffrir et ça je ne le veux pas!

Et j'espère que tu auras compris que ce n'est pas en me possédant « physiquement » comme tu le souhaitais que...bon je ne trouve pas les mots, je me répète et je commence à douter de ce que j'écris alors je vais arrêter car la longueur de cette lettre va nuire aussi à son importance.Car ce que je viens d'écrire est pour moi très important je viens de mettre à plat tout ce qui me travaille et c'est pour ça que je te demanderai de me rendre ces feuilles...je sais que ça ne va pas te plaire mais pour moi c'est important. P.S. Remarque c'est comme tes poésies, tu ne me les a pas données...